Et moi pendant ce temps-là, je tenais la chandelle…
C’est “un petit peu” l’été ce soir: 20° dehors, des nuages bas et gris et une légère brise qui fait oublier la lourdeur du temps. Underground, la lourdeur fait honneur à sa définition. Dans une rame de métro, on frise les 40°: c’est sardines city là-dessous. Et puis c’est vendredi soir: fin de journée donc des gens frais comme des gardons, vendredi donc encore plus de monde… A se demander pourquoi d’ailleurs!
Arrêt en station: on décharge, on recharge… Encore plus de sardines!
Trois jeunes montent: deux garçons, une fille. Elle, tenue de circonstance, porte une robe blanche sur ses cheveux chatains clairs. Ballerines blanches: mais où sont donc les tongs? Eux, tous les deux d’ailleurs, portent un t-shirt blanc sur une paire de jeans et des mocassins: blancs pour l’un, noirs pour l’autre. C’est leur unique signe distinctif. Comme si cela ne suffisait pas, ils portent un sweat capuche blanc, tous les deux, le même… Etrange défi au mercure que voilà! Parce que pour tout dire, je pourrai affronter la toundra avec un de ces sweat…
On s’installe dans la rame, Mademoiselle se colle à Monsieur. Mademoiselle couvre Monsieur de bisous. Mademoiselle enlace Monsieur de ses poulpesques bras. Monsieur souffle un peu, dit qu’il a chaud, qu’il est fatigué. Et Mademoiselle compatit. Mais Mademoiselle continue, colle, embrasse, poulpise… Chaude soirée pour Monsieur. Trop?
A trop les observer, j’en oublie notre troisième compère: mocassins blancs. Tandis que nos deux amis se bécotent, ou plutôt que Monsieur se fait bécoter, lui s’est installé à côté de moi. Impassible, absent, invisible. Je ne sais pas où ils vont, je ne sais pas ce qu’ils ont prévu ce soir mais une chose est certaine: s’ils passent la soirée tous les 3, mocassins blancs s’en souviendra en se disant “et moi pendant ce temps-là, je tenais la chandelle”.

Amusant d’observer le monde qui nous entoure et imaginer la vie qui va avec.
Je pense que cette anecdote réveillera bien des souvenirs chez chacun de nous.
Cependant, n’oublions pas que parfois, d’autres aussi ont tenu la chandelle à côté de nous